Canadian Branch of the American Peanut Council

Par : Dr Andrew Craig, consultant en santé, American Peanut Council

De nouveaux éléments démontrent que l’immunothérapie orale constitue une voie très prometteuse pour traiter les allergies alimentaires et supprimer l’allergie aux arachides, en particulier chez l’enfant. Une équipe de chercheurs de l’Hôpital Addenbrooke à Cambridge, au Royaume-Uni, a récemment publié dans le journal The Lancet un article sur l’essai STOP II portant sur l’immunothérapie orale à l’arachide à laquelle ont participé 99 enfants de 7 à 16 ans souffrant à divers degrés d’intensité d’une allergie aux arachides confirmée par des tests cliniques.¹

Cette étude novatrice comportait deux phases. Au cours de la première phase, les participants ont été répartis de façon aléatoire dans deux groupes pendant 26 semaines, l'un recevant une immunothérapie orale consistant en une dose maximale de 800 mg de protéines d’arachide (administrée sous forme de farine d’arachide mélangée à des aliments dans un dosage croissant, allant de 2 mg à 800 mg) et l’autre devant éviter de consommer des arachides. À la fin des 26 semaines, tous les enfants ont été exposés aux arachides dans le cadre d’un essai mené en double insu et contrôlé par placebo. Au cours de la seconde phase, le groupe témoin qui avait précédemment évité de consommer des arachides a également reçu une immunothérapie orale pendant 26 semaines. Les résultats des deux phases ont été impressionnants : « 84 % des participants pendant la première phase et 91 % au cours de la seconde phase ont pu tolérer l’ingestion quotidienne d’une quantité équivalant à environ cinq arachides par jour. » Les effets secondaires ressentis par certains participants ont été légers et passagers. Un seul participant a dû recevoir de l’adrénaline en raison d’une réaction plus grave au cours de l’essai.

Le fait que l’immunothérapie orale permette d’augmenter de telle façon le seuil auquel se déclenche une réaction allergique comporte des avantages évidents pour la sécurité de ces jeunes personnes allergiques en cas d’exposition accidentelle aux protéines de l’arachide dans les aliments. La réduction du risque de réactions graves et de la peur que celles-ci inspirent permet également d’améliorer la qualité de vie, ce qui représente un avantage connexe très important de cette étude.

Dans un exposé sur l’étude présenté dans le cadre de l’International Peanut Forum (IPF) qui se tenait récemment à Rome, Dre Pamela Ewan, co-chercheuse, a déclaré qu’il était important de considérer que la méthodologie de l’essai STOP II réalisé à Cambridge a fait en sorte que tous les enfants ont eu la chance de recevoir l'immunothérapie orale et de voir leur seuil de tolérance aux arachides mis à l’épreuve. Dre Ewan a insisté sur le fait que les enfants faisant partie du groupe témoin au cours de la première phase de l’étude ont, lorsque soumis à un traitement actif pendant la seconde phase, obtenu des résultats aussi bons que ceux du groupe de traitement initial. Certains participants ont été capables de consommer jusqu’à cinq arachides par jour jusqu’à six mois après le début du traitement. Fait également important, ces enfants ont vu leurs résultats au questionnaire sur la qualité de vie augmenter considérablement. L’équipe de Cambridge mène actuellement une étude pour déterminer si un traitement hebdomadaire au moyen de l’immunothérapie orale produira les mêmes résultats qu’un traitement quotidien. Pour le moment, personne ne sait quel peut être le point limite approprié pour que l’immunothérapie orale produise une tolérance durable. Cette question devra faire l’objet de travaux ultérieurs.

Dans son exposé à l’IPF, Dre Ewan a également émis des commentaires sur l'un des aspects de l'essai posant un défi notable pour les organismes de réglementation gouvernementaux qui devront éventuellement autoriser l’utilisation de l’immunothérapie orale comme traitement généralement disponible à l’extérieur de centres spécialisés. Ce défi réside dans la façon de classer un aliment, à savoir la farine d'arachide, qui est utilisée comme médicament administré de façon contrôlée pour atteindre un effet clinique, et d’appliquer des critères très stricts quant à sa composition. N’ayant jamais été entreprise auparavant, une telle tâche nécessitera de nouvelles procédures. Bien que la question de l’homologation de ce médicament soit déjà à l’étude selon Dre Ewan, l’équipe de Cambridge se proposait de mettre le traitement par immunothérapie orale à la disposition de patients désignés dans sa clinique plus tard cette année, tout en projetant son déploiement dans un réseau d'autres centres situés au Royaume-Uni. Une telle mesure a été prise pour tenir compte du nombre important de patients cherchant à se faire traiter par immunothérapie orale pour une forme sévère d'allergie aux arachides.

Dans un article connexe paru dans The Lancet, Dr Matthew Greenhawt, spécialiste de l’allergie aux arachides de l’Université du Michigan, a vanté la méthodologie de l’essai mené à Cambridge et salué ses résultats « exceptionnellement prometteurs » .² Dr Greenhawt a cependant insisté sur le fait suivant : « Il est important de comprendre que les recherches sur l'immunothérapie orale ne doivent pas être précipitées, et que de nombreuses années s’écouleront encore avant que son utilisation dans un contexte clinique ne devienne courante. Les chercheurs ont besoin de temps pour peaufiner leurs protocoles, valider de nouveau leurs données, comprendre les mécanismes de l’immunothérapie orale et en réduire au minimum les effets indésirables. Cela doit être fait sans exercer de pressions supplémentaires et sans générer d’attentes plus élevées quant à la production rapide d’un traitement pouvant être commercialisé. »

 

Source : The Lancet.com

¹ Anagnostou K et al. 2014. « Assessing the efficacy of oral immunotherapy for the desensitisation of peanut allergy in children (STOP II): a phase 2 randomised controlled trial. » Lancet 383: 1297-1304. L’étude a été financée par le Medical Research Council du Royaume-Uni et administrée par le National Institute for Health Research du Royaume-Uni.

² Greenhawt M. 2014. « STOPping peanut allergy: the saga of food oral immunotherapy. » Lancet 383: 1272-1274.

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Le saviez-vous?

  • Le-saviez-vous-1
    Le beurre d’arachide a été inventé aux environs de 1890 en tant qu’aliment nutritif pour les personnes sous-alimentées.
  • Le-saviez-vous-3
    Bien que plusieurs personnes considèrent l’arachide comme une noix, elle est en fait une légumineuse provenant d’une plante appelée Arachis hypogaea.
  • Le-saviez-vous-2

    Les arachides contiennent plus de protéines que toute autre noix.

  • Le-saviez-vous-4
    Les arachides sont complètement exemptes de cholestérol et elles contiennent de l’acide oléique, une source de gras non saturé qui favorise un cœur en santé.

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