Canadian Branch of the American Peanut Council

arachidesLes allergies aux arachides font encore l’objet d’une attention très négative sur les médias sociaux et traditionnels, mais, comme le démontre une étude globale, des mesures positives sont adoptées pour contrer la désinformation auprès des consommateurs. L’article ci-dessous rédigé par le Dr Andrew Craig, consultant en santé pour le Conseil américain de l’arachide, détaille les résultats d’une nouvelle étude prometteuse du Journal of Allergy and Clinical Immunology réalisée par les allergologues Hugh Sampson et Scott Sicherer.

Lisez l’article complet ici.

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Une nouvelle introduction aux allergies alimentaires
par le Dr Andrew Craig

C’est le titre qu’ont donné Hugh Sampson et Scott Sicherer, allergologues au Mount Sinai à New York, à leur panorama des dernières données scientifiques détaillé à travers 18 pages publiées dans le dernier numéro du Journal of Allergy and Clinical Immunology. Ces derniers ont procédé à des exercices semblables en 2014 et 2006. Depuis, tant de choses ont changé dans le paysage des allergies alimentaires. Pas moins de 224 études sont ainsi mentionnées dans leur panorama 2018. Tous ceux qui font leurs premiers pas dans le domaine des allergies alimentaires pourront ainsi commencer leur introduction ici, avec des guides qui font autorité en la matière.

Le potentiel allergène des arachides est demeuré élevé depuis 2014 et les tendances aux allergies alimentaires signalées dans le monde sont à la hausse. Il n’est donc pas étonnant que la recherche sur l’allergie aux arachides occupe une place importante dans l’étude. L’étude Learning Early about Peanut Allergy (LEAP) réalisée en 2015 auprès de nourrissons de 4 à 11 mois, très susceptibles de développer une allergie aux arachides, démontre qu’une consommation précoce d’arachides au moins trois fois par semaine réduit de façon significative le risque de développer une allergie avant l’âge de 60 mois comparativement aux nourrissons n’ayant pas été exposés aux arachides. Et l’étude de suivi de 12 mois, LEAP-On, démontre de façon très encourageante que la tolérance à l’allergène de l’arachide a duré plus d’un an. Selon l’étude EAT menée en parallèle, les taux d’allergies alimentaires sont moins élevés si on introduit rapidement des aliments allergènes chez les nourrissons allaités. Cette étude apporte aussi un enseignement de la plus haute importance, à savoir que les parents ont besoin d’aide pour faire les choses correctement et soutenir les efforts.

Il y a un intérêt de plus en plus marqué pour ce qui est de l’apparition d’allergies alimentaires chez l’adulte. La raison pour laquelle des allergies alimentaires graves commencent chez des adultes en bonne santé reste un mystère, d’autant plus que les allergies semblent toucher des aliments comme les fruits de mer, les noix, le poisson et le soya plutôt que les arachides, qui sont responsables de la plupart des cas signalés.

Les auteurs soulignent l’importance des antécédents cliniques et des défis alimentaires pour établir un diagnostic précis. Ce conseil se mêle à la vague croissante de trousses de tests et de leur utilisation inappropriée donnant de faux positifs (la sensibilité à l’intradermoréaction n’est pas une allergie clinique). Des données exagérées sur la prévalence peuvent résulter de ces prétendus tests sans validité scientifique, mais facilement accessibles en ligne. Les auteurs s’expriment sans ménagement à ce sujet : « Il est parfaitement possible que la plus grande source de mauvais diagnostics dans les allergies alimentaires soit le manque de compréhension. En effet, un résultat positif (sensibilisation) ne correspond pas à une allergie, et ces tests au hasard peuvent entraîner une avalanche de mauvais diagnostics » particulièrement en cas de doute quant à l’interprétation des résultats.

Les services en ligne associés aux allergies continuent de changer les mentalités, pour le meilleur et pour le pire. La communauté s’intéressant aux allergies alimentaires utilise déjà beaucoup les médias sociaux pour se renseigner et obtenir des conseils sur la façon de gérer les allergies. Lorsque ces informations entrent en conflit avec les recommandations d’un professionnel de la santé, les recherches suggèrent de plus en plus de s’en tenir aux conseils en ligne. Il appartient alors à toutes les organisations de fournir des renseignements précis et basés sur des faits. Alors que de nouvelles applications sur les allergies alimentaires arrivent sur le marché, cette tendance risque de se poursuivre à la hausse, alors même que les conséquences sur la sécurité restent inconnues.

La question de savoir si l’étiquetage et les informations de mise en garde comme la mention « peut contenir » sont à l’avantage des consommateurs ou de l’industrie fait encore débat, étant donné son ambiguïté fréquente sur la communication du risque réel. Il n’y a pas toujours pas de consensus sur cette question. Parallèlement, une autre révélation concernant l’adrénaline auto-injectable, montre qu’elle n’est pas accessible ou sous-utilisée pour de nombreux incidents graves. Une étude menée en 2017 révèle que chez les collégiens américains ayant des allergies alimentaires, 266 étudiants sur 748 avaient leur adrénaline auto-injectable ou leur EpiPen et que, parmi eux, seulement la moitié d’entre eux l’avaient avec eux en tout temps. Les comportements à risque chez les jeunes adultes ne se limitent pas à l’Amérique du Nord.

Ce panorama scientifique indique que les interdictions alimentaires ne sont pas fondées sur des données probantes. Par exemple, dans une étude des écoles publiques du Massachusetts menée sur 5 ans, aucune politique sur les restrictions s’appliquant aux arachides n’a été associée à l’absence de réactions, et les taux d’administration d’épinéphrine (adrénaline) ne différaient pas lorsqu’on les compare à ceux des écoles ayant différentes formes de restrictions. Une recherche canadienne récente abonde dans ce sens.

Les experts sont informés sur les bénéfices de la consommation précoce et la prévention. Mais qu’en est-il des professionnels de la santé, et plus largement des parents? Il est essentiel qu’ils comprennent bien les nouveautés dans ce domaine, puisque, comme les auteurs de l’étude le soulignent, « le fait actuel le plus important pour la prévention concerne la consommation précoce d’arachides chez les nourrissons très susceptibles de développer une allergie aux arachides. » C’est là que les parents ont besoin d’être mieux renseignés et soutenus pour empêcher que des allergies alimentaires se développent. Ils ne connaissent peut-être pas bien ce sujet, et ce constat ne s’applique pas seulement aux pays développés. Des rapports récents suggèrent que les parents urbains bien nantis en Chine et en Inde hésitent beaucoup à donner des aliments allergènes comme les fruits de mer et les arachides à leurs nourrissons. Comme les taux d’allergies alimentaires sont à la hausse dans ces pays, les parents tombent peut-être dans des écueils que nous commençons tout juste à éviter ici.

Avec la prévention comme objectif ultime, le domaine thérapeutique pour les allergies établies redouble d’efforts. Sicherer et Sampson observent : « Grâce aux nombreuses études en cours et à venir sur les immunothérapies orales, sublinguales et épicutanées, l’immunothérapie sous-cutanée modifiée, les vaccins à base d’ADN, et les divers produits biologiques et autres approches, nous sommes assurément sur le point d’entrer dans un contexte plus favorable et prometteur dans lequel nous pourrons véritablement traiter les allergies alimentaires et non pas simplement les gérer. »

Ce panorama 2018 n’est pas une lecture facile, mais il s’avère extrêmement utile. Compte tenu du rythme auquel la prévention et le traitement des allergies alimentaires s’étendent, les auteurs devront peut-être reconsidérer leur décision d’attendre encore quatre ans pour réaliser une autre mise à jour. Ils affirment qu’ils considèrent cette option et c’est peut-être la preuve que les choses avancent certainement dans la bonne direction, et à grands pas.


Source :
Sicherer SH and Sampson HA, 2018 “Food allergy: A review and update on epidemiology, pathogenesis, diagnosis, prevention, and Management” J Allergy Clin Immunol 141: 41-58 Téléchargement gratuit : www.jacionline.org/article/S0091-6749(17)31794-3/pdf

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Le saviez-vous?

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    Les arachides sont complètement exemptes de cholestérol et elles contiennent de l’acide oléique, une source de gras non saturé qui favorise un cœur en santé.
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    Les arachides contiennent plus de protéines que toute autre noix.

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    Bien que plusieurs personnes considèrent l’arachide comme une noix, elle est en fait une légumineuse provenant d’une plante appelée Arachis hypogaea.
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    Le beurre d’arachide a été inventé aux environs de 1890 en tant qu’aliment nutritif pour les personnes sous-alimentées.

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